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Rythme des inspections

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Les dossiers conservés aux Archives départementales permettent assez facilement de reconstituer l’histoire du contrôle des archives des communes depuis la dernière décennie du XIXe siècle, qui correspond à la prise de fonctions de Charles Portal (1890). Il est regrettable que les données soient moins faciles d’accès pour la période antérieure, où exerçait Emile Jolibois (1859-1889), qui a déployé une énergie considérable pour l’inventaire et le classement des archives communales, auxquelles il a consacré dix années !

Le nombre moyen d’inspections s’établit à un peu plus de 16 par an. Toutefois, le rythme des inspections communales est irrégulier, leur nombre variant de zéro à cinquante-sept, record établi par Jean Le Pottier, alors directeur, en 1987. Si l’on excepte les périodes de guerre (1915-1918, 1940), les années sans inspection sont rarissimes : on n’en compte que six en 120 ans (1912, 1921, 1932, 1982, 1999 et 2004). Cette absence d’inspection peut être due à un changement de directeur en cours d’année. Ainsi en 1932 où s’est intercalée une vacance de poste de plusieurs mois entre Henri Forestier et Henri Chanteux. Elle peut aussi être liée à l’impact d’autres projets sur l’activité du directeur. C’est le cas, par exemple, en 2004, avec le déménagement du service dans de nouveaux locaux.

Les périodes de prise de fonction sont en général l’occasion de tournées d’inspections plus fréquentes, la courbe ayant par la suite tendance à fléchir au cours des années suivantes, lorsque les directeurs sont mobilisés par d’autres projets qui prennent sur leur temps. Il est manifeste néanmoins que certains directeurs se sont davantage investis dans cette mission que d’autres.

Un cap est indéniablement franchi avec la prise de fonction d’Henri Chanteux à la fin de l’année 1932. En lisant les notes de Charles Portal, il a pu constater que, depuis l’inventaire des archives communales d’Emile Jolibois publié en 1889, plus de 200 articles ont été portés disparus dans les archives communales. Quoi qu’il n’ait occupé son poste que 18 mois, il accélère de manière très significative le rythme des inspections, s’appuyant sur la loi de 1924 qui encourageait, sans le rendre obligatoire, le dépôt des archives communales anciennes aux Archives départementales. En un an, en 1933, il réalise 29 visites, du jamais vu jusque là ! Même au-delà, ce « score » n’a été atteint ou dépassé qu’une douzaine de fois jusqu’à aujourd’hui.

Charles Portal, archiviste départemental de 1890 à 1927

Après lui, Pierre Bayaud (1934-1941) et surtout Pierre Breillat (1941-1945) poursuivent ce travail de contrôle. Pierre Breillat, malgré la guerre, inspecte 126 communes en un peu plus de quatre ans, établissant en 1943 le record de 51 inspections. En 1942, il écrit : « Malgré les difficultés croissantes de déplacement, nous avons tenu le nombre habituel des inspections communales qui s'élève à une trentaine chaque année depuis fort longtemps avant la guerre. Nous tâcherons d'accélérer encore ce rythme dans les mois qui suivent car la conservation des archives, détenues par les mairies, pose des problèmes urgents, sans compter le désordre qui sévit un peu partout » et en 1943 : « J'inspecte les mairies le plus fréquemment possible : malgré les difficultés actuelles de communications, j'en ai vu 50 au cours des douze derniers mois (le nombre le plus élevé avant la guerre ne dépassa pas 31).  […] Je n'ai pas encore reçu le bon d'achat d’une bicyclette, sollicité aussitôt après mon accident du 1er juillet 1943. Malgré le manque de moyen de transport, j'ai intensifié le rythme des inspections d'archives communales : 51 communes d'août 1942 à août 1943 ».

Après le départ de Pierre Breillat en octobre 1945, Jean Armingaud, « sous-archiviste » en poste depuis 1937, assure un intérim d’un an, au cours duquel il inspecte 54 communes. Dans son rapport de 1946, il précise : « Je me suis efforcé de visiter principalement les communes qui n’avaient pas été inspectées depuis de nombreuses années, certaines même depuis le XIXe siècle. Ce sont évidemment les plus inaccessibles. Dans la majorité d’entr’elles, la plus grande partie des archives anciennes a malheureusement disparu et, à mon avis, cela n’est pas sans rapport avec l’absence d’inspections. Ni lettres ni circulaires ne peuvent, en effet, suffire à attirer l’attention des maires et des secrétaires de mairie qui se succèdent sur l’importance que présentent ces vieux documents si précieux pour l’histoire locale. Seules des visites relativement fréquentes – le délai de dix ans doit, semble-t-il, être considéré comme un maximum – avec des explications orales précises et un classement fait sur place peuvent sauvegarder ces vestiges du passé de notre pays. Partout où j’ai constaté la perte de documents, j’ai immédiatement prescrit une enquête, mais la plupart des archives égarées n’ont pu être retrouvées. Je suis arrivé à voir 54 communes, chiffre qui n’avait jamais encore été atteint ».

Maurice Greslé-Bouignol prend ses fonctions en octobre 1946. Il réalise, selon ses propres termes « un cycle complet (qui sera bouclé en 15 ans) d’inspections d’archives communales », visitant en moyenne 22 communes par an. Mais ce rythme décroît de moitié après 1965 avec, en moyenne, 12 inspections annuelles jusqu’en 1984 (voir Maurice Greslé-Bouignol, Guide des Archives du Tarn, Albi, 1978, p. 38). Il est vraisemblable que la préparation du Guide des archives du Tarn, publié en 1978, a absorbé alors une part importante de son temps.

 

Françoise Cayre née Granier, responsable des archives communales (cliché AD81, 1985)

Jean Le Pottier, directeur de 1985 à 1993 (cliché Atouts Tarn n°32, 1993)

 

Le flambeau est repris par Jean Le Pottier, nommé en 1985, qui a consacré énormément de temps et d’énergie au contrôle des archives communales. Il s’associe le concours actif de Françoise Cayre, en charge des archives communales au sein des Archives départementales depuis 1984. En 1987, il établit le record absolu de 57 inspections, mais surtout une moyenne de plus de 37 inspections par an, ce qui représente 300 inspections en huit années.

 

Depuis le milieu des années 1990, le rythme moyen d’inspection s’établit autour de 13 inspections annuelles, mais l’année 2009 amorce une accélération avec 45 inspections réalisées. La publication de cet état des fonds accompagne cette volonté de développer de manière significative non seulement le contrôle et mais aussi et surtout le conseil auprès des responsables d’archives ou des élus dans les communes.

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