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Une préoccupation dès l’époque médiévale

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Vérification de l'état de la communauté de Jouqueviel, 1734 (C 740)

Il existe, dès le Moyen Âge, une volonté de conserver les archives produites par les différentes institutions. Il s’agissait naturellement de garder la trace des actes utiles à l’administration : actes de concession de franchises et de privilèges, documents attestant la propriété d’un bien ou d’un droit, délibérations, comptes, correspondances, documents cadastraux et fiscaux, etc. Cette nécessité d’archiver se ressentait d’autant plus dans les pays de droit écrit comme le Languedoc où l’on s’appuyait sur l’écrit pour prouver ou revendiquer ses droits.

Ainsi, les consulats méridionaux – ancêtres des municipalités – ont eu, dès le XIVe siècle, le souci de leurs archives, ce que l’on retrouve dans les archives consulaires, de manière directe ou non.  De fait, au détour d’une délibération ou des comptes, on rencontre des mentions concernant les archives : leur entretien, la création d’un meuble, coffre ou armoire en général, ou d’un local destiné à leur rangement et à leur sécurité, le rappel des règles de conservation... L’accès au meuble ou à la salle des archives est protégé par une serrure et l’accès aux clés est toujours limité et soigneusement contrôlé.

La situation, tout comme aujourd’hui du reste, n’est toutefois pas toujours et partout idéale. Les consuls sont amenés à rappeler régulièrement que les archives de la communauté doivent demeurer à la maison commune, injonction qui évoque nécessairement de nombreux manquements à cette règle. On peut citer l’exemple de Cahuzac-sur-Vère : « le notaire Pierre Vialar, secrétaire de la maison consulaire, meurt. Le jour même, les consuls décident de se rendre chez lui pour reprendre tous les documents intéressant la communauté » (voir Yves Deleu, Cahuzac-sur-Vère : au fil du temps, Pamiers, les auteurs occitans, 2008).

La nécessité de rédiger un inventaire des archives apparaît sporadiquement dans les archives consulaires. Il s’agit le plus souvent d’une simple énumération des documents existants, rarement pourvue d’un plan de classement. Car les archivistes n’existent pas à proprement parler : les archives sont généralement tenues par un greffier, un notaire ou tout simplement un garde du compoix. A la fin du XVIIe siècle, des professionnels de l’archivage apparaissent timidement, avec la création d’offices de gardes des archives en 1690 (voir les cotes 69 EDT BB 104 et C 196 par exemple). Au XVIIIe siècle, temps de modernisation administrative, le classement des archives progresse. Les Etats provinciaux diligentent une vaste enquête en 1734 appelée « vérification de l’état des communautés ». Cette enquête, qui concerne plus particulièrement les archives dans son sixième rapport relatif aux compoix, brevettes et archives, est aujourd’hui conservée aux Archives départementales sous les cotes C 740, 741 et 1112 et constitue l’ancêtre de nos inspections d’archives communales.

A la veille de la Révolution, une organisation archivistique est donc déjà en place dans les communautés. Elle n’est pas centralisée et pas toujours très efficace, mais le souci de protéger les archives et les compétences existent déjà.

Pour davantage de détails sur les archives médiévales et d’Ancien Régime, on pourra utilement se reporter à l’introduction de l’inventaire Archives et archivistes du Tarn du Moyen Âge à 1985, catalogue des mentions d’archives dans les archives anciennes et révolutionnaires du Tarn, répertoire méthodique détaillé 3 T – 1873 W, 2004 (pages 15-23).

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